L’urgence de trouver des solutions aux pénuries de main-d’oeuvre enfin reconnue

L’urgence de trouver des solutions aux pénuries de main-d’oeuvre enfin reconnue

Au sortir de la période d’austérité, le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) semble découvrir l’ampleur de la pénurie de main-d’œuvre dans le réseau. À la bonne heure! Il pourrait peut-être découvrir aussi la pertinence des propositions syndicales.

Le Point en santé et services sociaux, un organisme sans but lucratif qui se dit indépendant, tenait en septembre dernier au Centre des Congrès de Lévis le Colloque Éducation/Formation en Santé et Services sociaux. En droite ligne avec la mission de cet organisme voué au transfert des connaissances dans le secteur, ce colloque visait à susciter des échanges entre différents acteurs du milieu de la recherche, de l’enseignement ainsi que de la santé et des services sociaux pour éclairer les enjeux relatifs à la pénurie de main-d’œuvre dans le réseau.

Des représentant·e·s de l’APTS se sont mêlé·e·s aux chercheur·e·s et étudiant·e·s, aux gestionnaires et intervenant·e·s du réseau, ainsi qu’à quelques membres des autres syndicats afin d’assister aux conférences et panels. En marge des présentations redondantes ayant pour unique but d’outiller les gestionnaires désireux de favoriser l’adhésion de leurs équipes à la succession de réformes auxquelles fait face le réseau, quelques réflexions et initiatives prometteuses ont retenu notre attention. L’entrevue que nous avons réalisée avec la chercheure Marianne Beaulieu sur le concept d’engagement s’inscrit dans le suivi de ce colloque.

Un message global ressortait de ces discussions : il est temps de corriger l’image négative du réseau de la santé et des services sociaux véhiculée dans les médias et de se concerter afin de trouver des solutions à la pénurie de main-d’œuvre.


Les syndicats faisaient cependant figure de grands oubliés dans ce discours des « partenaires ». Difficile de trouver la place qui leur est réservée dans l’équation. Ne devraient-ils pas être considérés comme des partenaires à part entière, au même titre que les gestionnaires et les ordres professionnels? Par leur expertise, leur rôle et leur connaissance des conditions de travail et des enjeux professionnels, les organisations syndicales sont les mieux placées pour représenter le personnel du réseau. Si les médias montrent une image si négative des conditions prévalant dans le réseau de la santé et des services sociaux, c’est parce qu’il y a des problèmes importants, qui doivent être identifiés et dénoncés afin que l’on puisse trouver des solutions durables.

Du fait qu’elle représente une large majorité des professionnel·le·s et des technicien·ne·s du réseau, l’APTS doit avoir une voix dans cette conversation pour pouvoir porter les revendications de ses membres et proposer des pistes de solution.

C’est pourquoi elle suit de près le dossier de la planification de la main-d’œuvre (PMO). Nous nous devons de connaître la situation dans le réseau, les défis vécus au quotidien par nos membres et les solutions entrevues, afin de porter leur voix dans les bons forums. Il en va de l’avenir des professions et de celui du réseau de la santé et des services sociaux.

La planification de la main-d’œuvre

Après la période d’austérité qui a frappé le réseau de la santé et des services sociaux ces dernières années, quantité de postes sont maintenant affichés… que les employeurs n’arrivent pas à combler. C’est le constat que font les gestionnaires et le MSSS, qu’ils se plaisent à répéter lors de chaque rencontre avec les syndicats.

La pénurie de main-d’œuvre est devenue un enjeu si prioritaire pour le MSSS que sa direction de la PMO salariée et médicale a mis en œuvre une série de chantiers visant à consulter les différents partenaires dans le but de trouver des pistes de solution, de développer des projets pilotes et de mettre en place des actions concrètes. Une présentation sommaire de ces chantiers a été faite en mars dernier dans le cadre des rencontres de PMO des secteurs de l’imagerie médicale, de la réadaptation et du psychosocial, auxquelles a participé l’APTS.

Rappelons que les rencontres de PMO réunissent chaque année des représentant·e·s des établissements du réseau, des gestionnaires, des ordres professionnels, des syndicats et aussi des autres ministères concernés que sont l’éducation, l’emploi et l’immigration. Ces « partenaires », comme les appelle le ministère, prennent alors connaissance des projections de main-d’œuvre du réseau élaborées sur la base des données colligées l’année précédente. Il s’ensuit généralement un bref échange sur lesdites données.

En mars 2018, la formule des rencontres a été modifiée. La direction de la PMO du MSSS a présenté, outre les données, la liste de ses chantiers. De plus, une demi-journée était prévue afin de discuter des enjeux et des pistes de solution telles que perçues par les différents partenaires. Le MSSS a aussi annoncé son intention de tendre la main au milieu de l’éducation afin de mieux arrimer la formation à la réalité des professions, de manière à favoriser l’attraction et la rétention de la main-d’œuvre à l’intérieur du réseau de la santé et des services sociaux.

Un changement de ton qui laisse présager pour l’avenir une meilleure écoute du « partenaire » syndical? Nous l’espérons.

Rédaction Julie Desrosiers | 21 novembre 2018

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