Élections américaines : le racisme, arme politique

Élections américaines : le racisme, arme politique

Suivre la politique américaine a de quoi donner le tournis. Vu d’ici, on peine à comprendre comment un personnage tel que Donald Trump a pu devenir président des États-Unis! Il est raciste, violent, misogyne, arrogant, menteur, incohérent… La liste des qualificatifs négatifs est longue. Au Québec, neuf électeur·rice·s sur dix affirment qu’ils ou elles ne voteraient pas pour cet hurluberlu.

Cela peut nous rassurer sur l’état de santé de notre démocratie, mais ne nous aide pas vraiment à comprendre ce qui se passe chez nos voisins du Sud. Nous savons que ce pays partage avec nous un passé esclavagiste et le génocide des peuples autochtones durant la « conquête de l’Ouest ». Inscrits dans l’histoire, ces traumatismes marquent encore le quotidien de ce pays de mille façons : pauvreté endémique des membres des Premières Nations, violence policière contre les minorités visibles, normalisation des groupes suprémacistes blancs dans le discours public, etc.

Le rôle des acteurs politiques est beaucoup moins clair dans ce sombre tableau.

Comment expliquer que le Parti républicain, le parti qui a aboli l’esclavage à la fin de la guerre civile, soit devenu un tel vecteur de haine?


Remontons un peu dans le temps. Lors du scrutin de 1968, Richard Nixon se fait élire en promettant « la loi et l’ordre ». Son objectif est de courtiser l’électorat des banlieues blanches apeurées par le tumulte des violences urbaines de l’époque. Déjà, l’idée s’implante dans l’imaginaire collectif : les villes sont associées à la criminalité et au désordre dans la rhétorique républicaine.

Cela a permis de capter une partie du vote des États du Sud qui, traditionnellement, se rangeaient davantage sous la bannière démocrate. Ce mouvement de transfert s’est poursuivi durant les années 1980 sous l’impulsion des présidents Ronald Reagan et George Bush père avec leur « guerre à la drogue » qui s’est transformée en guerre contre les populations noires. Sous le couvert de la lutte contre les narcotrafiquants, cette guerre s’est essentiellement déroulée dans les rues des villes et quartiers à majorité afro-américaine.

L’objectif était d’envoyer un message de répression à un électorat blanc empreint de xénophobie bien plus que de diminuer la consommation de drogues. L’incarcération de masse de jeunes hommes racisés partout aux États-Unis a suivi. À ce jour, les Afro-Américains représentent 40 % de la population carcérale et 13,6 % de celle du pays.

Nul besoin de rappeler la tournure guerrière des positions du président George Bush fils après le 11 septembre 2001. Les Américains de confession musulmane sont devenus soudainement une menace potentielle à la sécurité nationale et ont été pris pour cible. Depuis, les Républicains véhiculent les courants les plus rétrogrades : rejet de la science, promotion d’une vision dogmatique du religieux, opposition aux droits de la communauté LGBT+, haine du féminisme et accusation d’anti-américanisme envers les mouvements progressistes.

Trump n’est que le produit de ce mouvement de fond et incarne l’aboutissement d’une faillite morale. Le 45eparallèle n’est malheureusement pas une frontière étanche nous protégeant de cette décrépitude. Ici aussi se trouvent des marchands de haine et de division et il serait bien imprudent d’ignorer leur influence grandissante.

L’APTS se fait un devoir de porter des valeurs de solidarité et d’inclusivité. Il est inacceptable que nos institutions tolèrent le racisme et les préjugés colonialistes affirmant la supériorité des blancs. C’est pour cela que nous continuerons de nous battre pour ces valeurs de justice et d’égalité pour les populations racisées.

Rédaction : Laure Letarte-Lavoie Collaboration : Philippe Hurteau

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