Manquer d’argent, tout un casse-tête!

Manquer d’argent, tout un casse-tête!

Illustrée par Élise Gravel, préférée des tout-petits, la campagne des cartes de Noël 2019 du Collectif pour un Québec sans pauvreté − à laquelle l’APTS participe − évoque des choix déchirants.

« Être pauvre, c’est toujours un casse-tête » : c’est ce qu’il y a de commun entre les quatre situations évoquées par les illustrations des cartes que l’APTS a contribué à distribuer pour soutenir cette campagne de sensibilisation aux impacts de la pauvreté.

On y voit des personnes (jeunes, mères de famille ou handicapées) qui, faute de moyens financiers, doivent choisir à quels besoins elles pourront répondre avec la poignée de dollars qu’elles ont en main. Pas facile de renoncer au camp de jour de son enfant pour payer ses soins dentaires, de faire le deuil d’un séjour à l’extérieur de la maison parce qu’il faut rembourser la carte de crédit ou de priver ses enfants de sortie scolaire parce qu’il faut acheter leurs bottes d’hiver. Chaque carte rappelle qu’il n’est pourtant pas si compliqué, « avec de la volonté politique », de combattre la pauvreté.

Le Collectif pour un Québec sans pauvreté propose plusieurs mesures qui permettraient aux personnes à faibles revenus de ne plus avoir à faire des choix douloureux comme ceux-là.


Voici trois exemples de mesures.

1. L’augmentation du salaire minimum à 15 $/heure améliorerait considérablement le sort des 228 700 personnes qui, en 2017-2018, étaient rémunérées au taux du salaire minimum. Et elles ne vivaient pas toutes chez leurs parents : 61 % n’étaient pas aux études, 41 % étaient âgées de 25 ans et plus et 63 % gagnaient l’unique revenu de travail de leur famille. À 12,50 $/heure, le salaire minimum actuel couvre à peine les besoins essentiels et ne permet pas de sortir réellement de la pauvreté.

2. Le versement automatique de la totalité du crédit d’impôt à la solidarité à toutes les personnes qui y ont droit, même si elles ne produisent pas de déclaration d’impôt, faciliterait l’accès à l’aide gouvernementale pour les personnes les plus mal prises.
La fiscalisation de l’aide de dernier recours prive les prestataires d’aide sociale de montants qui font toute une différence pour des gens qui ont à peine quelques milliers de dollars par année pour vivre.

3. La mise en œuvre du Programme de revenu de base, adopté en mai 2018, doit rapidement devenir une réalité. Plusieurs mesures qui y sont associées amélioreraient le sort de bien des gens qui s’étaient réjouis de son adoption mais qui attendent toujours, plus d’un an et demi plus tard.

Dans le cas de ces deux dernières mesures, l’inaction du gouvernement est d’autant plus inexplicable qu’elle affecte des personnes qui n’ont pas les moyens de revendiquer des droits qui leur ont été consentis et que le gouvernement bénéficie de surplus budgétaires considérables.

L’APTS a adopté depuis plusieurs années cette tradition « alternative » du temps des Fêtes consistant à utiliser les cartes de Noël du Collectif pour contribuer à l’effort de sensibilisation de la population à la pauvreté et à l’exclusion sociale. Chaque bureau syndical local dispose d’une certaine quantité à distribuer. Vous pouvez aussi les télécharger sur le site du Collectif pour un Québec sans pauvreté.

Tant qu’à donner aux guignolées, aussi bien travailler aussi en amont et réclamer des mesures structurantes aptes à permettre à toutes les couches de la société de vivre dans la dignité sans avoir à faire de tristes choix.

C’est pourquoi nous vous encourageons à envoyer ces cartes de Noël, non seulement aux personnes à qui vous souhaitez transmettre vos meilleurs vœux, mais aussi aux élu·e·s du gouvernement du Québec, pour les inviter à partager votre empathie et pour leur rappeler leurs responsabilités en matière de lutte à la pauvreté, aux inégalités et aux préjugés envers les personnes en situation de pauvreté.

Rédaction Chantal Mantha | Collaboration Collectif pour un Québec sans pauvreté | 19 décembre 2019

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