Gérer sa douleur à travers la danse

Gérer sa douleur à travers la danse

Depuis le 28 octobre, le site web de la Fabrique culturelle diffuse En ces lieux ils danseront, 4 créations vidéo issues d’un projet innovateur qui s’est mérité un des prix Stars du réseau de la santé.

Nous avons parlé à Émilie Demers, danseuse professionnelle et ergothérapeute au CHUM, qui est l’instigatrice de ce projet d’ateliers de création chorégraphique réunissant des membres d’une compagnie de danse professionnelle et des gens atteints de douleurs chroniques.

« Le projet est le fruit d’une collaboration entre la compagnie Ample Man Danse, dont je suis cofondatrice, la clinique antidouleur du CHUM, qui a recruté les participant·e·s, Fiz Studio, qui a filmé toute la démarche, et la Fabrique culturelle de Télé-Québec, qui présentera les vidéodanses qui en ont résulté, explique Émilie Demers. Il a en outre bénéficié du soutien du CHUM et d’une subvention du Conseil des arts et des lettres du Québec. »

« Mon intention, poursuit-elle, était d’amener l’art à l’hôpital. Mon expérience auprès de la clientèle souffrant d’arthrose, d’arthrite rhumatoïde, de fibromyalgie ou du syndrome douloureux régional complexe m’a ouvert les portes, notamment celle de la Dre Aline Boulanger, qui dirige la Clinique antidouleur. Réalisé grâce à cette ouverture, notre projet pourrait peut-être faire des petits. C’est du moins ce que j’espère. »

Récipiendaire du 5e prix remis par la Caisse Desjardins du Réseau de la santé dans la catégorie « Moderne », l’initiative de l’ergothérapeute et danseuse a obtenu une reconnaissance de ses pairs et joui d’un rayonnement certain avant même la diffusion de la série vidéo auprès du grand public. Cette dernière pourra éventuellement être présentée dans des congrès et festivals. Ce n’est que le début.

Associée au quotidien à une équipe qui intervient dans le département de neurologie, auprès des victimes d’AVC ou de tumeurs cérébrales par exemple, Émilie poursuit parallèlement une carrière de danseuse au sein d’Ample Man Danse, une compagnie fondée en 2012 qui n’hésite pas à créer des œuvres participatives interpellant la communauté.

Les six semaines d’atelier ne se voulaient pas une thérapie. Il s’agit plutôt d’échanges visant à créer des liens entre des personnes partageant la même condition et désireuses d’apprendre à mieux gérer la douleur.


« De fait, confirme Émilie, elles se sont montrées très ouvertes et prêtes à partager leur histoire, avec humilité et sincérité. »

L’étude qu’elle a réalisée sur l’impact de la création en atelier la conforte sur la pertinence de la démarche qu’elle a initiée. Les participant·e·s − jusqu’à une douzaine selon les séances − ont retrouvé confiance dans leur capacité de s’engager, de mener une vie relativement normale malgré la douleur. « Comme si la danse et le contact avec les autres leur avaient permis de prendre un nouveau souffle … », conclut-elle.

 

Voir les capsules vidéo : En ces lieux, ils danseront

Rédaction Chantal Mantha | 28 octobre 2019

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