Édito

OPTILAB : la ministre McCann redressera-t-elle la barre?

OPTILAB : la ministre McCann redressera-t-elle la barre?

Le 10 avril dernier, le cabinet de la ministre McCann annonçait une « réorientation » du projet OPTILAB en soulignant qu’à l’avenir tout transfert d’analyses sera assujetti à des conditions précises, que le MSSS s’engage à faire respecter. C’est à l’usage qu’on verra.

Le communiqué ministériel parle d’une version «davantage adaptée aux particularités des régions» et, au sujet des transferts vers les laboratoires centraux, d’un nombre d’analyses « beaucoup moins important qu’initialement prévu». Nous demeurons en attente d’un peu plus de précision pour nous réjouir… Nous saluons cependant sans réserve l’obligation qui est faite à chaque grappe de mettre en place, avant tout autre déploiement, des systèmes informatique et de transport sécuritaires, un plan clinique et − à la bonne heure! un plan de main-d’œuvre ainsi qu’un plan de gestion du changement et de communication pour le personnel concerné.

Nous avons particulièrement apprécié voir finalement apparaître ces deux dernières conditions dans une communication officielle. À l’occasion d’une rencontre récente avec des hauts responsables du MSSS, la délégation de l’APTS avait fortement insisté sur l’impact désastreux de la mauvaise gestion du personnel et des communications. On ne peut diriger un système comme notre réseau de laboratoires en ignorant le facteur humain. Tout porte à croire que, cette fois, l’équipe ministérielle en charge d’OPTILAB – inspirée peut-être par le changement de ton qu’insuffle la ministre – a compris qu’il est dans l’intérêt de toutes les parties d’instaurer des canaux de communication et de collaborer plus étroitement dans un contexte de bouleversement aussi majeur.

Sans la collaboration des technologistes médicales, le MSSS parviendra difficilement à atteindre ses objectifs de modernisation et d’amélioration de la qualité des services.


Mal orchestrées et menées sans consultation, ses tentatives au cours des deux dernières années ont engendré leur lot de problèmes techniques, que nous avons rendus publics grâce à l’information rapportée par les technologistes médicales. Les dénonciations syndicales leur ont tendu un miroir peu flatteur. Les appuis du monde politique municipal et régional que nous avons obtenus ont donné la mesure de l’ampleur des problèmes découlant d’OPTILAB un peu partout en région.

Plus grave encore, le manque de transparence et de planification des décideurs a durement affecté le personnel qui constitue l’âme des laboratoires. Conséquence : pénurie de main-d’œuvre, augmentation du temps supplémentaire, stress et épuisement, départs anticipés à la retraite, manque de ressources pour former les stagiaires et perte de popularité des programmes collégiaux pour assurer une relève.

Il est heureux que la ministre veuille enfin redresser la barre. Mais son ministère devra savoir naviguer car les écueils sont de taille, notamment dans certaines régions où la centralisation est vue comme la tempête parfaite. Et pour pouvoir compter sur l’indispensable contribution de tous ses matelots (je parle bien sûr des technologistes médicales), il faudra leur témoigner respect et considération, assurer un leadership non seulement technique et médical mais aussi HUMAIN. Comme cela aurait dû être fait dès le début.

PAR CAROLLE DUBÉ | 18 avril 2019

1 commentaire

  1. Johanne St-Pierre sur 19 avril 2019 à 10 h 24 min

    Toutes ces réalités dans votre texte nous les vivons au CHAUR (ciusss mcq) au laboratoire de microbiologie en autre. Le 15 avril dernier je rencontrais mes représentants syndical pour leurs faire part de la détresse que nous vivons en microbiologie. En tant qu’agente de liaison pour l’APTS, voir une collègue en pleur à 8h en voyant l’ampleur de la charge de son banc de travail, je me suis dis qu’il est tant d’agir et d’en finir avec cette situation inhumaine. Toutes les heures supplémentaires effectuées par chacun pour pouvoir sortir nos résultats dans un délais résonnable et ce en ayant en tête qu’il y va de la santé d’un patient, ont eu comme conséquence cette situation alarmante. J’adore ma profession mais je déplore que OPTILAB est en train de la détruire. Le feu sacré s’éteint et je l’observe chez plusieurs d’entre nous. Il est grand temps que le capitaine soigne ses matelots car son navire va couler……………d’une technologiste médicale pour l’amour de la profession.

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