Édito

Ça promet pour 2020

Ça promet pour 2020

Lors du 8e congrès de l’APTS, tenu à Trois-Rivières, j’ai eu le privilège d’être élue présidente de l’APTS. C’est avec plaisir et humilité que j’ai accepté ce beau et grand défi. J’entreprends mon mandat en plaçant en avant-plan mes valeurs de collaboration et de solidarité, animée par ma volonté de travailler en équipe avec tous les groupes qui forment notre organisation.

De nouvelles personnes se sont jointes au comité exécutif (7 membres) ainsi qu’au conseil national (28 membres). Nous poursuivrons en 2020 le travail colossal débuté dans les dernières années. La mise en commun des différentes expertises présentes à l’APTS est essentielle. Je compte garder le cap tout en redéfinissant nos modes d’action syndicale pour le mieux-être de nos 56 000 membres.

Vos délégué·e·s participent activement aux délibérations ainsi qu’à la prise de décisions et témoignent d’une volonté très ferme de bien vous représenter. Cette préoccupation constante a été particulièrement marquée à l’étape de l’élaboration des demandes syndicales que nous avons déposées au gouvernement en novembre dernier. Récemment, le gouvernement y a répondu avec des offres que nous jugeons inacceptables.

Des propositions méprisantes

C’est en effet toute une gifle que le gouvernement nous a assénée. En ce qui concerne les salaires seulement, le président du Conseil du trésor, Christian Dubé, nous propose 7 % d’augmentation sur 5 ans. C’est trois points de pourcentage en bas de l’inflation! Cette proposition est d’autant plus incompréhensible que les prévisions pour tous les indicateurs économiques sont nettement supérieures à l’offre du gouvernement.

Au lieu de rattraper le retard que nous avons accumulé au cours des 20 dernières années en ayant des augmentations salariales sous le niveau de l’inflation, le gouvernement projette de perpétuer l’appauvrissement du personnel du réseau public et d’accroître l’écart salarial avec les autres salarié·e·s québécois·es.

C’est d’autant plus insultant que nous avons appris que le surplus budgétaire pour la dernière année financière s’élèvera à 8,2 milliards de dollars (G$) et non pas à 904 millions tel que prévu en début d’année. Tout un écart! Le même scénario se répète encore cette année. En mars 2019, le ministre des Finances prévoyait un surplus de 2,5 G$, prévision revue à la hausse en novembre à 4 G$. Encore une fois, il s’agit d’une projection très conservatrice. Pour les cinq premiers mois de l’année seulement, Québec a enregistré 3,7 G$ en surplus. C’est à se demander si le ministre des Finances ne sous-évalue pas systématiquement ses propres surplus afin de limiter autant que possible tout réinvestissement dans les services à la population et dans la rémunération du personnel qui offre ces services.

Une créativité stérile

Nouveauté cette année, repoussant à après le 30 avril les négociations et l’identification de solutions à la crise qui a cours dans le système de santé et de services sociaux, Christian Dubé a mis sur pied − selon une approche qu’il qualifie lui-même de créative − trois forums où seront discutés les grands enjeux auxquels il veut s’attaquer. Il y sera question de la réussite éducative, de la santé globale des personnes salariées et de l’accessibilité aux soins de santé.

Pourtant concernée, l’APTS est exclue du forum sur l’accessibilité aux soins de santé. Ajoutons à cette insulte qu’aucune mesure financière n’est associée à celui sur la santé globale. Alors que nos membres travaillent à se rendre malades, cette décision est totalement dénuée de sens.

Les offres du gouvernement en ce qui concerne les conditions d’exercice, soit les matières dites sectorielles, sont tout aussi méprisantes. Elles n’apportent aucune solution aux problèmes vécus quotidiennement dans nos milieux de travail et ne prennent pas en compte l’ampleur de la pénurie de main-d’œuvre. On n’y trouve rien pour favoriser l’attraction et la rétention du personnel. Tout au plus évoque-t-on des principes vagues et ambigus qui cachent mal un véritable retour en arrière dans nos conditions. C’est à croire que M. Dubé est complètement déconnecté de la réalité du monde du travail au Québec!

Alors que nous avons proposé une série de solutions pour faire face à la crise que vit le réseau, le gouvernement semble vouloir perdre son temps en discussions. Comme il y a plus d’un an que ce gouvernement est en place, on se serait attendu à des propositions précises.

Tout porte à croire que les négociations seront longues et ardues. Nous avons affaire à un gouvernement avec une vision à courte vue. Mais une chose est on ne peut plus claire − et il va le comprendre très rapidement – travailler à se rendre malade, c’est terminé.

Par Andrée Poirier | Twitter @APoirierAPTS | 19 décembre 2019

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