Appel à un geste concret de reconnaissance professionnelle

Appel à un geste concret de reconnaissance professionnelle

Au moment d’écrire ces lignes 7 450 personnes avaient signé la pétition lancée le 6 avril dernier, réclamant le remboursement par le gouvernement des cotisations aux ordres professionnels. Elles faisaient ainsi écho à la présidente de l’APTS qui, dans une lettre adressée au ministre Christian Dubé le 22 février, écrivait que dans le contexte de crise sanitaire, « il est inconcevable d’exiger que nos membres payent de leur poche afin d’avoir le droit d’offrir des services à la population ».

Andrée Poirier invitait alors le ministre à poser un geste de reconnaissance envers un personnel professionnel et technique qui n’a pas ménagé ses efforts pour permettre la réalisation d’examens de diagnostic, effectuer une multitude d’analyses en laboratoire, veiller à la santé physique et psychologique de la population ou assurer la réadaptation des personnes après leur hospitalisation. Sans compter que les professionnel·le·s et les technicien·ne·s ont su adapter leurs pratiques pour se conformer aux directives de la santé publique et contenir la propagation de la COVID-19 tout en maintenant des services de qualité pour la population.

Rembourser les cotisations de celles et ceux qui adhèrent à un ordre professionnel dans le cadre de leur emploi favoriserait leur rétention dans un contexte de rareté, voire de pénurie, de main-d’œuvre et de concurrence. Leur expertise est en effet recherchée en dehors du secteur public et de nombreux employeurs du secteur privé offrent ce remboursement.

Dans le cadre des précédentes négociations pour le renouvellement des conventions collectives du secteur public, les demandes relatives aux cotisations professionnelles n’ont jamais obtenu l’attention qu’elles méritent.

Pas étonnant dans ces conditions que des groupes professionnels du réseau de la santé et des services sociaux se soient indignés. Lancée en début d’année, leur initiative d’appeler au boycottage du paiement des cotisations aux ordres ne pouvait cependant pas être cautionnée par l’APTS, ne serait-ce que parce qu’en posant ce geste ses membres se seraient exposé·e·s à des conséquences fâcheuses et à des représailles. Le syndicat a plutôt proposé de revendiquer de façon manifeste le remboursement de ces incontournables cotisations.

Plus de la moitié des 60 000 salarié·e·s que représente l’APTS sont membres d’un ordre professionnel, pour la plupart parce que leur pratique dans le réseau de la santé et des services sociaux l’exige.


Leur nom s’inscrit dans les tableaux de 18 ordres distincts. Et la quasi-totalité de ces ordres est représentée dans la liste des signataires de la lettre adressée au ministre Dubé, comme l’indique le tableau ci-dessous.

*Ordre décroissant du nombre de signataires

L’APTS a par ailleurs écrit aux ordres pour les informer de la démarche ainsi que pour réitérer son appui à leur mission d’assurer la protection du public ainsi que sa compréhension de la nécessité de financer leurs activités.

La campagne de signature de la lettre à Christian Dubé a pris fin le 14 mai dernier.

Rédaction Chantal Mantha | Collaboration Audrée Debellefeuille Dunberry, Marilyne Gagné, Véronique Papillon, Merlin Trottier-Picard | 4 juin 2021