Édito

Agir tôt et de façon concertée

Agir tôt et de façon concertée

L’APTS a obtenu le 11 février dernier une rencontre avec le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant, afin de discuter de la situation dans les centres jeunesse et les centres de réadaptation en déficience intellectuelle et trouble du spectre de l’autisme (CRDITSA).

J’ai été agréablement surprise de rencontrer un homme très à l’écoute, sensible aux problèmes vécus sur le terrain et, de toute évidence, animé d’une volonté sincère d’apporter des améliorations qui auront un impact réel sur le bien-être des enfants et de leur famille. Je crois bien que le ministre Carmant et son équipe ont compris que la baisse du taux de roulement du personnel doit être un objectif prioritaire au même titre que celle du nombre de signalements. Et s’ils ont fait appel à nous, comme nous l’avions proposé, c’est qu’ils sont véritablement en quête de solutions, de stratégies pour atteindre ces objectifs.

L’occasion était belle de demander la création d’un forum d’échange avec les autorités du ministère pour favoriser une meilleure collaboration. Puisque nous partageons le souci des jeunes et de ceux et celles qui œuvrent pour leur venir en aide, nous avons intérêt à développer une analyse commune de la situation et à convenir de solutions à implanter dans les centres jeunesse.

L’instabilité actuelle du personnel résulte en bonne partie de la surcharge et de la violence au travail, des problèmes qu’il est possible de corriger en y travaillant de concert.


La mise en place d’un canal de communication efficace entre les parties s’impose, avons-nous fait valoir, car le ministère doit être mieux informé de ce que vivent les intervenant·e·s sur le terrain et ses intentions gagneraient à être mieux comprises par les gestionnaires.

Une dizaine de jours plus tôt, à Gatineau, le ministre Carmant et le premier ministre Legault annonçaient la création du programme Agir tôt visant à améliorer la détection et la prise en charge précoces des retards de développement chez les enfants avant leur entrée à la maternelle. C’est l’aboutissement du projet CIRENE que le CHU Sainte-Justine a mené avec trois CLSC de la région de Montréal, alors que le Dr Carmant y œuvrait comme neuropédiatre.

Le programme annoncé, déployé dans 11 régions cette année, et dans 6 autres en 2020, bénéficiera d’un financement annuel entre 70 et 90 millions de dollars. Tout dépendra de la teneur du premier budget du gouvernement caquiste. M. Carmant nous a confirmé 40 M $ pour cette année.

Entre autres mesures, Agir tôt prévoit l’ajout de 800 ressources professionnelles partout au Québec pour intervenir auprès des enfants dont les difficultés auront été détectées grâce, notamment, à un outil informatique utilisé dès la visite pour la vaccination de 18 mois.

Le ministre délégué promet des postes à temps complet dans les différentes institutions. Mais est-il réaliste, dans le contexte de pénurie que connaissent certaines professions, de recruter 400 personnes par an, dont une large proportion de professionnel·le·s spécialisé·e·s, au cours des deux prochaines années? L’avenir nous le dira.

Je salue pour ma part ces nouveaux investissements en prévention, un volet mis à mal par l’austérité des dernières années et dans lequel les membres de l’APTS, par leurs professions, ont beaucoup à offrir. Le cabinet du ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux a tout à gagner à poursuivre le dialogue amorcé.

PAR CAROLLE DUBÉ | 21 février 2019

1 commentaire

  1. Joe sur 28 février 2019 à 21 h 05 min

    $40 millions pour onze régions !??!
    Ça en coutera $80 millions juste pour une seule commission scolaire…!
    https://www.journaldemontreal.com/2019/02/28/maternelle-4-ans-80-m-en-salles-de-classe-et-en-renovations-a-laval
    Y en restera plus beaucoup pour les autres régions…!?

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